faits divers et trucs variés

Les brumes de mon cerveau ne sont plus coopératives

 

Cailloux dans le ciel, d’Isaac Asimov

Asimov, c’est le père de la psycho histoire, un des maitres (voir LE maître, pour moi) de la science fiction. Et c’est assez drôle parce qu’il y a vraiment des aspects sur lesquels son oeuvre est admirablement géniale, et d’autres où l’on se dit “ptain isaac, là tu es à côté de la plaque” (oui, depuis qu’il est mort on se tutoie).
Donc, petite liste, à l’occasion de ma fin de (re)lecture de Cailloux dans le ciel.

-Asimov avait un talent incroyable pour rendre ses anticipations crédibles: on est dans de la science fiction pure, pas dans la fantasy, et même si la plupart des histoires se passent dans un futur hyper lointain, il n’y a pas grand chose au niveau technique qui ne soit pas crédible. Sans doute la faute à sa formation de scientifique.

-Ses récits s’inscrivent tous dans un univers unique. La planète qui domine l’univers est systématiquement “Trantor”, et je suis pratiquement sûre qu’il serait possible de faire un arbre généralogique de ses dirigeants de facon cohérente. Du coup, même si les intrigues de ses romans sont toutes différentes (on n’a jamais l’impression de “lire la même chose”), il y a des éléments familiers. Et parfois, au détour d’une phrase on fait “ah, donc c’est relié au cycle des robots de cette facon là!”, sans que la personne qui lit le texte pour la première fois soit choquée.

-Ce qui nous amène au 3ième point: il s’agit d’histoires à plusieurs niveaux de lecture: l’intrigue elle-même est bien menée, mais ensuite on peut s’amuser à retrouver les liens avec les livres précédents ou suivants de l’auteur, ou à en mesurer la portée philosophique. En gros on peut lire Asimov dans son metro ou l’étudier en classe.

Mais il y a tout de même un côté fort gonflant dans ce que le bon docteur Isaac a écrit:

-Il est absolument incapable de décrire des sentiments (les personnages tombent systématiquement amoureux au premier regard, ca devient lassant), et ces mêmes personnages sont souvent hyper manichéens, donc très prévisibles par moment.

En conclusion, lisez Asimov, et si vous ne voulez pas commencer par un roman ou un cycle (même si rhaaa, fondation, ca, c’est de la sf selon mon coeur), même ses nouvelles sont excellentes (et on pardonne plus facilement ses petits soucis au niveau de la psychologie des héros).

Publié dans : billet entièrement non sponsorisé, culture et cyanure
par frédérique
Le 27 août 2008
À 11:52
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Starac

Ya des gens qui disent que je sais pas chanter, et qui menacent de me couper l’eau chaude si je continue à martyriser leurs oreilles.
M’en fout, ca m’empêchera pas d’enregistrer un album (nul) quand je serais devenue star grace à mon rouge à lèvre rouge pétant et mes gros nénés.
La preuve. (attention les oreilles)

[Scarlett Johansson - Falling down]

Publié dans : musique maestro!, windmills of my mind
par frédérique
Le 26 août 2008
À 10:04
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Nevermore

Allons, mon coeur, allons, mon vieux complice;
Redresse et peins à neuf tous tes arcs triomphaux;
Brûle un encens ranci sur tes autels d’or faux;
Sème de fleurs les bords béants du précipice;
Allons, mon pauvre coeur, allons, mon vieux complice!

Pousse à Dieu ton cantique, ô chantre rajeuni;
Entonne, orgue enroué, des Te Deum splendides;
Vieillard prématuré, mets du fard sur tes rides;
Couvre-toi de tapis mordorés, mur jauni;
Pousse à Dieu ton cantique, ô chantre rajeuni.

Sonnez, grelots; sonnez, clochettes: sonnez, cloches!
Car mon rêve impossible a pris corps et je l’ai
Entre mes bras pressé: le Bonheur, cet ailé
Voyageur qui de l’Homme évite les approches,
-Sonnez, grelots; sonnez clochettes; sonnez, cloches!

Le Bonheur a marché côte à côte avec moi;
Mais la FATALITE ne connait point de trêve;
Le ver est dans le fruit, le réveil dans le rêve,
Et le remords est dans l’amour: telle est la loi.
Le Bonheur a marché côte à côte avec moi.

[Verlaine, extrait des poèmes saturniens]

[Je suis dans ma période Verlaine au matin…]

Publié dans : Zitat
par frédérique
Le 25 août 2008
À 10:30
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Par un après midi d’automne

j’ai ressorti un pull bleu de mon armoire. Je ne porte plus de bleu depuis quelques mois, je ne sais pas pourquoi, mais aujourd’hui j’avais besoin d’un pull chaud qui sent “moi”.
J’ai fait un thé russe: on a frolé le dégoût l’hiver dernier tant il en restait, et maintenant encore il a un goût de trop.
J’ai recousu mon manteau/cape gris, je l’ai acheté en solde en début d’année, avec une remise substantielle, mais je ne l’ai pratiquement pas porté. Je l’ai vu tellement souvent dans mon armoire que c’est comme si je l’avais toujours eu, étrangement.
Je n’arrive pas à avancer dans mon bouquin en cours alors j’ai pris une valeur sûre, un asimov, pour paresser.
Une musique douce…

[ES Posthumus - Nara]

Publié dans : windmills of my mind
par frédérique
Le 24 août 2008
À 18:37
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De la poésie du quotidien

Mon portable/handy/natel/you name it est très bien élevé. Son dictionnaire automatique ne connait ni “merde” ni “chiant”.
Du coup certains de mes sms, écrits trop vite ou sous l’effet de boissons dont le ministère de la santé déconseille l’abus, en deviennent presque surréalistes. Au lieu d’être vulgaire ou informatifs. Mes collègues deviennent chicou, et certains jours je vis des journées de mesde. Et du coup, en lisant ca, mon humeur s’améliore.
Moralité, pour être de bonne humeur, achetez un téléphone capricieux.

[Ceci était un message sponsorisé par alcatel en réponse à l’étalage de technologie dont j’ai été témoin dnas un resto thai, étalage organisé par deux charmants jeunes hommes avec lesquels j’ai passé une très bonne soirée.]

Publié dans : billet entièrement non sponsorisé
par frédérique
Le 21 août 2008
À 10:22
Commentaires : 2
 
 

Par un après midi très froid. Des premiers jours de 1713 ou le monde tel qu’il est.

Au revoir. Plus vite, suivez le mouvement, prenez la peine de courir, si vous voulez barrer la route à ceux qui tombent de fatigue, lever le rideau de leurs défaillances. Il ne reste du triomphateur que son étoile, une petite nuit d’amour pour la légende.
L’oeil parle de tout un rien, en finit vite de disperser ses secrets puérils aux quatre murs qui lui ouvrent leurs tapisseries bien amarrées sur des forêts d’automne. Les meubles tapent sur leurs clous comme sur des perles. Les miroirs ont fait volte-face et bayent aux horloges de poussière. Un vrai paradis. Une dentelle de profil cette fêlure dans la vitre, cette légère fumée qu’un doigt de vin, fils d’une main ivre, s’apprête à labourer. Un sac de cuir complètement usé répand sur les dalles ses pistoles parasites. Pour apprendre que le désordre vestimentaire est l’indice d’une conscience mal peignée, il faut aller au vestiaire. Là, mes pauvres habits couchent sur un banc, dans l’intime nuit du faux dedans, comme des moules. Dans la cour transformée en un missel grossièrement imprimé, l’ordure patiente religieusement.
J’ai tout ce que je voulais excepté ce que je voulais. J’ai dit non aux prudents, aux sages, aux jaloux, non aux croyants, aux sceptiques, aux forts, aux faibles, aux naifs, aux menteurs, non aux bougies qui séparent le lecteur et les oiseaux nocturnes de la nuit, le silex du feu, oui aux femmes et à moi-même. J’ai alors rencontré des résistances incroyables, j’ai été obligé de me séparer de ce que j’aime. L’acharnement des piqueurs, des louvetiers, des ratiers, des pourfendeurs de dragons à poser leur soulier sur la bête découronnée n’est rien comparé à la rage. Je ne me possédais plus. Les femmes atteignaient en un clin d’oeil l’âge de raison et m’échappaient. Elles fructifiaient comme une addition, elles se déplumaient de leur nudité, elles renversaient leur verre pour être chastes. Au galop sonore des courageuses plaques de cuivre qui protègent leurs portes des mains sales, le rêve continuel de la belle amie, une jeune femme blonde aux yeux forfaitaires, s’ingéniait à broder d’alphabets intégraux le linge de la révélation. C’en était fait, j’avais oublié ce que je voulais. J’avais les morts en poche.
Seules restaient en présence ma fureur et ma faculté d’en rire tristement semblable à une garniture de cheminée.

[Paul Verlaine, extrait de La rose publique.]

Publié dans : Zitat
par frédérique
Le 20 août 2008
À 9:31
Commentaires :1
 
 

ah et

avant de dire de quelqu’un qu’il n’est pas un grand champion, ca serait bien de regarder le palmarès et les heures d’entraînement, derrière: qui peut me donner le nombre de licenciés en natation/judo/escrime, et le nombre de gens qui ont réussi à se qualifier pour les finales olympiques, en France cette année?
Ya du lynchage absolument immérité, et ca m’énerve. Qu’on leur foute la paix!
Je suis pas comme Coubertin, l’important c’est non seulement de participer mais aussi de gagner. Seulement participer c’est déjà largement au dessus des possibilités des gens qui regardent sans agir (ce qui est le propre du journaliste/chroniqueur/you name it). Du coup, je ne dis pas que seuls les athlètes de haut niveau ont le droit de donner leur avis, mais simplement que les autres devraient tenter de prendre la mesure du travail effectué avant de (tenter de) démolir les gens.
C’est beaucoup demander?

Publié dans : windmills of my mind
par frédérique
Le 15 août 2008
À 10:05
Commentaires : 4
 
 

Snobisme

J’aime pas:
-le gars qui salue tout le monde dans une pièce, sauf la personne la moins “gradée/payée/importante”. Ce genre de gens doivent être constamment en train de surveiller leurs arrières, ca doit être pénible.
-les systèmes informatiques qui décident de se mettre en grève le jour où les gens sont en effectif réduit.

J’aime:
-avoir le temps de prendre un thé et de faire mes sandouiches le matin
-voir un poids satisfaisant sur la balance
-mettre un nouveau jean
-planifier des sorties avec des (futurs?) amis
-dormiiiiiiiiir!

Publié dans : windmills of my mind
par frédérique
Le
À 9:59
Commentaires : 0
 
 

work

je suis donc officiellement guérie. Encore un quart d’heure et je monte dans le train. Et je prévois le drame. D’abord, il fait froid. On a tendance à l’oublier quand on ne se lève plus aussi tôt le matin, mais là, il caille. Comme je finis à 20h, c’est pas forcément intelligent de prendre un pull.
Ensuite, la sncf a décidé d’emmerder encore plus les gens qui bossent les 15 et 16 aout (dont je fais partie) en bloquant les rer C et D (après tout on se demande à quoi ils servent, hein), rallongeant donc mon temps de trajet, au lieu de mettre une heure et demi je vais mettre deux heures.
TOut ca pour dire indépendamment de ca, je ne veux pas travailler (et puis je fume)

Publié dans : windmills of my mind
par frédérique
Le 14 août 2008
À 7:33
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La cité des livres qui rêvent, de Walter Moers.

Wow. C’est censé être un bouquin pour gosses. je crois pourtant que tout gros lecteur sera enthousiasmé par une telle lecture. C’est du Jasper Fforde (celui de l’affaire Jane Eyre) mais sans les références littéraires qui rendent Jasper un peu hermétique.
On suit le jeune Hindegunst Taillemythes (tout un programme), jeune dragon (77 ans, un gamin!) à la découverte de Bouquinville, une cité remplie de libraires bâtie sur des souterrains pleins d’ouvrages et de personnages mystérieux.
Une lecture parfaite pour l’été, pas exigeante du tout intellectuellement, mais complètement dépaysante, qui se lit sans effort (ya même des illustrations!). Absolument génial, donc.

Gros bémol, comme pratiquement tous les livres pour gamins, pas de poche. Et 23 euros le livre, c’est un peu chérot.

[Anne, rue toi dessus en rentrant de tes vacances, ca vaut le coup -et je peux te le prêter ;-)-]

Publié dans : culture et cyanure
par frédérique
Le 13 août 2008
À 11:12
Commentaires : 5