Cailloux dans le ciel, d’Isaac Asimov
Asimov, c’est le père de la psycho histoire, un des maitres (voir LE maître, pour moi) de la science fiction. Et c’est assez drôle parce qu’il y a vraiment des aspects sur lesquels son oeuvre est admirablement géniale, et d’autres où l’on se dit “ptain isaac, là tu es à côté de la plaque” (oui, depuis qu’il est mort on se tutoie).
Donc, petite liste, à l’occasion de ma fin de (re)lecture de Cailloux dans le ciel.
-Asimov avait un talent incroyable pour rendre ses anticipations crédibles: on est dans de la science fiction pure, pas dans la fantasy, et même si la plupart des histoires se passent dans un futur hyper lointain, il n’y a pas grand chose au niveau technique qui ne soit pas crédible. Sans doute la faute à sa formation de scientifique.
-Ses récits s’inscrivent tous dans un univers unique. La planète qui domine l’univers est systématiquement “Trantor”, et je suis pratiquement sûre qu’il serait possible de faire un arbre généralogique de ses dirigeants de facon cohérente. Du coup, même si les intrigues de ses romans sont toutes différentes (on n’a jamais l’impression de “lire la même chose”), il y a des éléments familiers. Et parfois, au détour d’une phrase on fait “ah, donc c’est relié au cycle des robots de cette facon là!”, sans que la personne qui lit le texte pour la première fois soit choquée.
-Ce qui nous amène au 3ième point: il s’agit d’histoires à plusieurs niveaux de lecture: l’intrigue elle-même est bien menée, mais ensuite on peut s’amuser à retrouver les liens avec les livres précédents ou suivants de l’auteur, ou à en mesurer la portée philosophique. En gros on peut lire Asimov dans son metro ou l’étudier en classe.
Mais il y a tout de même un côté fort gonflant dans ce que le bon docteur Isaac a écrit:
-Il est absolument incapable de décrire des sentiments (les personnages tombent systématiquement amoureux au premier regard, ca devient lassant), et ces mêmes personnages sont souvent hyper manichéens, donc très prévisibles par moment.
En conclusion, lisez Asimov, et si vous ne voulez pas commencer par un roman ou un cycle (même si rhaaa, fondation, ca, c’est de la sf selon mon coeur), même ses nouvelles sont excellentes (et on pardonne plus facilement ses petits soucis au niveau de la psychologie des héros).
