Parlons un peu du système de santé suisse…
Il existe en Suisse une catégorie de gens qui ne sont pas pauvres, mais au contraire très riches, grâce à la généreuse aide de l’Etat. Cela ressemble fort à un conte de fée “made in Disney”. Seulement, si ces gens sont riches, c’est parce que les autres gens deviennent très pauvres parce que l’Etat les oblige à donner leur argent aux gens très riches.
Voilà en gros ce que j’ai compris du film “Assurance maladie dans ta face, 2 le Retour” que tous les Suisses sont obligés de voir chaque année…
En Suisse, il n’y a pas de Sécu. Nous avons des assurances privées. Elles offrent et une assurance de base (mais obligatoire), appelée LAMAL, et des complémentaires. Naturellement, la concurrence est sensée faire baisser les primes. Celles-ci augmentent donc vertigineusement chaque année, car la seule chose que la concurrence fait, c’est la recherche des bon assurés (si t’es jeune, en pleine santé, sportif et rural, tu es le bienvenu. T’es vieux, malade, citadin, gros, va voir ailleurs). Et comme nous sommes en Suisse, il n’y a pas de prime unique pour la Suisse. Chaque canton se voit attribuer un niveau de prime différent. Ainsi, en passant de Vaud à Fribourg (cantons voisins), donc d’une campagne à une autre, ma prime va baisser de moitié. Alors même que je pourrais garder les mêmes toubibs.
Alors comme cette année, ma prime vaudoise était hors de prix, j’ai pris une franchise élevée. Cela signifie que les 1000 premiers francs de dépense de santé sont à ma charge (plus 10% de toutes mes dépenses annuelles…). Cela fait baisser un peu la prime. Ensuite, je suis obligé de téléphoner à un call center où un toubib est censé me faire un diagnostique à distance, sans me voir, avant de m’envoyer vers un médecin. Et il ne m’enverra pas chez un spécialiste, je dois impérativement passer d’abord chez un généraliste, qui lui, le cas échéant, me dirigera vers un spécialiste. C’est sensé faire baisser les coûts et ma prime. Ah, et je n’ai pas le choix du généraliste… il doit être approuvé par la caisse maladie… regardons en pratique.
1. J’ai mal (reins + foie + ventre + partout)
2. J’appelle le call center médical de l’assurance, soit la KPT/CPT: “bonjour, Bobette au téléphone, assistante médicale” (et il est où le toubib qu’on m’avait promis?) – “euh, bonjour (suit la description des symptômes) et je viens de déménager, je connais pas les toubibs agrées par la caisse dans la région” – “Dans votre région, vous pouvez aller vers deux médecins généralistes (alors que lors de la signature, on m’avait promis que 90% des médecins étaient acceptés par la caisse… dans la région, il y a une quinzaine de médecins généralistes… et en plus, on me laisse le choix qu’entre deux hommes. Moi je préfère les femmes médecins… bien plus compétentes et à l’écoute du patient, à mon avis). Il vous faut rappeler ici dès que vous avez un rendez-vous”.
3. J’appelle au hasard l’un des deux toubibs et prend rendez-vous pour le jour même. Comble de l’incompétence: l’un des deux numéros de téléphone donné par la caisse est faux.
4. J’appelle le call center pour indiquer mon rendez-vous
Conclusion: une demi-heure… le temps de claquer 3 fois.
Mai c’est pas fini…
Je me pointe chez le médecin (bizarre, tous les toubibs non agréés par la caisse sont au centre-ville, celui-ci est dans un quartier un peu sordide). Et là… le cauchemar! Imaginez-vous:
Après une courte attente dans la salle d’attente, je pénètre dans le cabinet du toubib. Stupeur! J’ai eu l’impression d’être propulsé dans l’un des tout premiers épisodes de Derrick! Le mobilier, l’agencement, tout semblait daté des années 70! Même le sous-main crasseux en cuir sur le bureau du toubib. Et pas d’ordinateur. Le pire, cela devait être le médecin. Lui aussi, on aurait dit qu’il sortait d’un épisode de Derrick. Blouse blanche froissée de piètre qualité (du genre que j’avais pour aller au labo photo), une tête à jouer le coupable dans un Colombo, un brushing digne de “La croisière s’amuse”. Bon, au moins il était plutôt avenant.
Description de la consultation:
3 minutes de discussion: pas de question sur mon style de vie, su je fume, bois, fais des sauts périlleux sous le clair de lune – pas de question sur mes antécédents médicaux, ni sur ceux de ma famille (et pourtant, j’ai mal au foie et dans ma famille, on souffre de diabète de type II)
3 minutes d’auscultation: un coup de stéthoscope par ci, une palpation par là.
2 minutes de gribouillage d’ordonnance et d’explication du diagnostique. En gros, si j’ai bien compris cela se passe ainsi (n’étant pas médecin, je ne sais pas si c’est un cas de figure habituel):
a. On prescrit un médicament correspondant vaguement au traitement des symptômes décris
b. On regarde ce que ça fait
c. On avise dans deux semaines
et:
a. Si ça a fait effet, on chercher pas plus loin
b. Si le médicament ne fait pas effet, on cherche un autre médicament qui traite autre chose, pour voir si c’est de ça que je souffre
c. Si le patient décède, on classe le dossier
Je me retrouve donc avec un remède de cheval à base de benzodiazépines “pour voir ce que ça donne”. Le pire, c’est que j’ai du lire la notice du médicament pour apprendre que:
a. Impossible de conduire (comment je fais, je dois aller bosser et prendre cette saloperie trois fois par jour)
b. Impossible de combiner le médicament et une bonne petite bière
c. Il y a des risques de dépendance
La seule chose que le toubib m’a mentionné c’est: faut en prendre 2 à 3 fois par jour. Durée de la consultation: 15 minutes. Je comprends pourquoi il est recommandé par l’assurance maladie…
Mis à part ça, j’ai un mal de crâne à décorner un oeuf.
Au fait, je me pose une question: prescrire des benzodiazépines, sans prévenir que c’en est, pour soigner des maux de ventre et sans mettre en garde contre les risque d’accoutumance et les effets dévastateurs de ce médicament, c’est correcte? J’ai quand même l’impression qu’on m’a plâtré une jambe alors que je suis venu consulter pour une rage de dent…
Nous venons d’arriver en suisse (à Zurich)et j’hésite encore sur l’assurance maladie…. Grand merci! je me sens rassurée. Je vais prendre la même que la tienne. De tout façon, si je vais voir un Docteur je ne comprendrai rien à ses questions en dialecte Zurichois.
Avec toute ma compassion
Comme je t’ai déjà dit : modifie ton assurance, dans le canton de Fribourg, tu peux te le permettre ! Parce ce que ce modèle d’assurance fait peur, très peur !
Anso, mis à part ça, la KPT est très bien, si tu ne prends pas l’option win.doc (qui m’oblige à tout ce foutoir). Pour choisir ta caisse, la meilleure adresse est: http://www.comparis.ch
Barbara: je ne peux rien faire avant la fin de l’année.
si je ne m’abuse, c’est maintenant qu’ilfaut que tu envoies ta lettre de résiliation à la caisse, ou du moins dans le courant du mois de septembre pour que cela prenne effet à la fin de l’année… C’est du moins ce qui me reste de vague souvenir sur votre système mirobolant de santé (qui rembourse les avortements mais pas la contraception, youhou)
Tiens ca me fait penser aux récents déboires que j’ai eu avec mon assurance maladie… comme par hasard aussi la CPT. D’ailleurs j’ai laissé tomber leur système win-win, c’est du foutage de gueule.
Là où ils font fort avec moi, c’est dans les remboursements. Pas fichu de rembourser correctement, il faut tout re-contrôler, ils sont même allé jusqu’à rembourser au médecin (au lieu de le faire sur mon compte) des factures marquées en gros rouge “payé”… où d’autres où il y a le ticket de la postcard mis en attachement… la classe. Ensuite ils ne réparent pas leurs erreurs directement, il faut attendre que les médecins en questions re-remboursent le mauvais versement, et la CPT/KPT ose même leur facturer des frais de transaction !! Niveau incompétence j’ai quand meme rarement vu ca…