On doit tous avoir en souvenir des situations trèèèèèès difficiles, du genre: Barzi, 10 ans, devant une assiette de ragoût, la mine déconfite (Barzi, pas le ragoût), la situation ponctuée par un nombre non négligeable de “beurk” et de “beeeeh”. Et sous le regard paternel sévère, la maman concluant la scène d’un sec “finis ton assiette”. En général, la conclusion est pour mon père: “vous, les jeunes, vous auriez besoin d’une bonne guerre, pour vous apprendre ce que c’est que la faim”.
Bon, à part que je ne souhaite pas à mes enfants que je n’ai pas une guerre, maintenant que j’ai 33 ans (et que donc je suis devenu un vieux con pour le Barzi de 10 ans), je me rends compte que j’étais dans l’erreur, et que le Barzi de 10 ans, ben c’était lui le jeune con.
Etant jeune, je détestais donc les viandes cuites. Je raffolais du steak, mais je haïssais ces viandes mijotées, cuites, cocottées. J’étais surtout légume et viande saignante. Point de bouilli, de ragoût, et autres goulaschs. Selon le Barzi 10 ans d’âge, je ne méritais que du steak saignant. Les viandes du pauvre, très peu pour moi!
Maintenant, j’ai 33 ans, bientôt l’âge d’être père à mon tour. Et franchement, je raffole des ragoûts et bouillis. Que c’est-il donc passé entre la Barzi modèle 10 et le Barzi modèle 33?
Première hypothèse: Le Barzi 33 cuisine bien mieux que la maman du Barzi 10.
Cette hypothèse est à rejeter immédiatement. La maman du Barzi 10, qui est aussi celle du Barzi 33, est une excellente cuisinière. Très cuisine terroir, c’est vrai, avec sa touche personnelle, à savoir son éducation suisse allemande. Les plats surgelés ou précuits étaient l’exception dans mon alimentation enfantine. Le tout aidé par un très grand jardin potager. Pas étonnant que j’aime les légumes! Du reste toutes mes recettes “must have” sont des recettes maternelles, reprises à ma sauce (mon gratin aux pommes de terre a connu un vrai succès! Même chose pour mon carré de sanglier au raisin). Je tiens par contre de mon père son risotto aux tomates, mode vaudoise!
Deuxième hypothèse: Le Barzi 33 n’est plus un ado abruti.
Cette hypothèse est la bonne. J’ai appris le goût, les saveurs, l’odorat. Même le fenouils passe. Le goût change avec le temps. Et il s’éduque.
Rien ne sert donc de forcer un morveux à manger. Insister pour le faire goûter, oui. Forcer, je pense que cela ne sert à rien. Une fois l’adolescence passée, puis son syndrome de Peter Pan enterré, il y a des chances pour qu’il entre à son tour dans un monde savoureux, de plats mijotés.
Je vous laisse… je retourne à mon ragoût d’agneau.
exactement! ici on demande de goûter, mais on ne force pas à manger. Pis on sort de table si on n’est pas content de ce qu’il y a dans son assiette, parce que ce n’est pas un restaurant à la carte non plus oh ^^