Nous n’avons pas les mêmes valeurs

En ce premier jour d’été, alors que les tondeuses vrombissent dans les zones villas, que les barbecues se mettent à crachoter de noires fumées, expédiant ad patres quelques veaux, vaches, cochons qui n’en demandaient pas tant, mon petit coin de campagne est lui aussi agité de bruits et d’activités. C’est un véritable ballet de tracteurs de toutes marques et de toutes tailles, faisant prendre l’air et le soleil à tout autant de faucheuses, faneuses et autochargeuses. La longue période de pluie précédant ces premiers jours estivaux et ensoleillés ont fait pousser le foin, sans pour autant permettre de le rentrer. Les paysans se déplacent ainsi tel un essaim désorienté en tous sens, fauchant, fanant, chargeant, rentrant le foin par brassées. Il s’agit de rattraper le temps perdu avant l’arrivée des orages prévus pour le surlendemain. Il n’y a que sur le coup des dis-huit heures que cela se calme, la traite et la coulée monopolisant les forces vives. Et le dimanche n’existant guère plus que les vacances pour les agriculteurs, il y a fort à parier qu’il en sera de même demain.
C’est l’avantage de vivre à la campagne, sans être éloigné du village; la vie y est active, laborieuse, au rythme des saisons. Et les doigts de pieds en éventails sur mon hamac, j’ai un peu honte (mais pas trop)…

3 comments

  1. oh!
    tu sais qu’à part la dernière phrase, ton texte est d’un classicisme littéraire totalement fabuleux, c’est BEAU! On croirait du Giono.

    Limite je le prend pour en faire une dictée aux CM2, limite 🙂

  2. Désolée d’écrire un commentaire complètement hors-sujet MAIS, j’ai mon macbook. Et voilà, je fais partie d’une nouvelle tribu. Ahah. Bonne fin de journée! J’espère que tout va bien pour toi. A bientôt!

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