La Suisse est un pays étrange; sans doute parce que majoritairement peuplé de Suisses-Allemands. C’est dire si on est pas gâté. C’est en effet la raison pour laquelle on doit être le seul peuple au monde qui décide par votation de s’imposer (c’est le cas de le dire) de nouveaux impôts, puis de les augmenter quelques années plus tard.
Ainsi est naquise la fabuleuse, multicolore et surtout inutile vignette autoroutière.
“Gné?”, diront les Papoue Néo-Guinnéennes de moins de 40 ans, cible affectionnée des agences de pub et des chasseurs de têtes.
Commençons par le début du commencement: en Suisse, les autoroutes ont été construites et payée par la Confédération. C’est une manière polie de dire qu’on l’a dans le cul dès lors qu’on n’a pas le permis, pas de voiture ou qu’on se la joue écolo du samedi soir, puisque ce sont les impôts de tous qui ont payés ces magnifiques rubans de bitume à près de 50 millions de francs suisses le kilomètre (soit un max d’€). Bref, l’écolo qui voyage en CFF (Chemins de Fer Fédéraux selons certaines sources, Ça Fa Fite, selon d’autres, avec un fort accent suisse-allemand) pour aller et rentrer du boulot, c’est-à -dire qu’il voyage debout, entre le fumeur de joint, les amoncellements de sacs et fusils d’assaut des militaires (qui eux sont assis et narguent la populace avec leur verre de fendant) et les étudiants (qui parfois appartiennent aussi à la catégorie fumeur de joint), c’est celui qui a l’air le plus con de tous, puisqu’il paie en impôts les autoroutes, les subventions aux transports publics et son billet.
Or, un jou, une idée géniale a germé dans la tête d’un fonctionnaire fédéral en mal de promotion: prélevons une taxe annuelle à ceux qui veulent utiliser les autoroutes. Promis, ça servira a achever plus rapidement le réseau. Donc votation. Et peuple de moutons qui accepte. Résultat: on taupe 30 balles par années, argent qui naturellement a simplement fini dans les caisses de l’Etat, dont le réseau autoroutier n’est toujours pas terminé. Et ensuite, re-votation, re-bêlement des moutons qui acceptent de payer 10 balles de plus, soit 40 francs par année. En plus des impôts, naturellement.
Alors, touriste, quand tu viens sur nos autoroutes, certes, cela te coûte moins cher que les péages français, mais pense au peuple suisse, qui aime à payer des taxes pour utiliser une autoroute qu’il a déjà payé par ses impôts.
Et cette vignette, à quoi ressemble-t-elle? Rien ne vaut la magnifique poésie confédérale pour nous la décrire:
La vignette de l’année 2006 présente un fond de couleur rouge métallisé. Le millésime est jaune sur la face autocollante et blanc sur l’autre face. La face autocollante est en outre munie d’une trame pointillée. Si la vignette est collée correctement sur la face intérieure du pare-brise, on doit donc voir apparaître de l’extérieur le millésime “06” en jaune ainsi que la trame pointillée. Cette vignette peut être obtenue comme de coutume, à partir du 1er décembre 2005, auprès des stations-service et garages, aux guichets postaux, auprès des services des automobiles et des bureaux de douane, pour le prix de 40 francs.
La vignette 2006 est valable pour la période du 1er décembre 2005 au 31 janvier 2007.
Nous rappelons instamment aux conductrices et conducteurs qu’il convient d’ôter les vignettes périmées du pare-brise pour favoriser la visibilité.
Bref, ce chef-d’oeuvre suisse, digne de Hodler, d’Anker et de Blocher ressemble à ceci:

Admirez la pureté de ses formes, la couleur chatoyante et surtout la bêtise d’un peuple qui se cache derrière.
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