Petite histoire pour ce soir.
Il y a de cela un Noël, ma belle-maman a eu l’excellente idée de m’offrir une friteuse. Et pas une friteuse de gnognote! Une belle, grosse, magnifique friteuse. J’en rêvais depuis longtemps. Mais Ô Malheur, fille de Désespoir et de Tristesse, Carine n’a jamais apprécié mes frites. Pourtant, je les faisais avec amour (gloire et beauté). Je prenais des pommes de terre, les vraies, les trucs qu’il faut éplucher et découper, pas les machins en poudre et je les grillais à la belge, à savoir en deux fois, à 170° C, dans de la bonne huile, et pas un ignoble mélange de graisse douteuses en provenance de régions déforestées façon Schwarzenegger dans Predator pour faire place à un arbre à huile quelconque. Et malgré cela, mes frites étaient dures en surface et mollassonnes (limace, aurait dit Carine) au coeur. Pour un type qui se targue de réussir le carré de sanglier au Glenmorangie 12 ans d’âge, pruneaux et raisin comme personne d’autre, quel échec! Même pas capable d’atteindre le piètre niveau des frites du MacDo.
J’ai donc caché la friteuse au plus profond de ma mémoire et de ma cuisine. Objet de honte, je ne voulais plus la voir.
Ce soir, j’ai fait à nouveau des frites. Et Ô miracle, non seulement Madame a aimé, mais elle a mangé quatre portions de frites, délaissant même les moules dont elle est pourtant si friande. Pour ma part, je me suis vautré dans le bonheur, l’huile et me suis gavé de frites comme jamais. Mes frites ont surpassé de loin toutes celles de tous les fast-foods, égalant, j’en suis certain, celles des meilleures baraques à frites de Belgique! Du moins, je ne me souviens pas d’en avoir mangé de meilleur en ces lieux de débauche éthylique houblonnée. Et j’ai fait mes frite de la même manière que d’habitude… Mais alors, où est le secret?
Le secret, je le tiens de mon voisin, agriculteur. Un jour, une de ses connaissances, négociant, l’a contacté: “j’ai quelques tonnes de pommes de terre en surplus. Je te les vends pour un prix dérisoire pour tes vaches”. Le marché conclu, mon voisin s’est retrouvé avec un énorme tas de pommes de terre dans son étable. Et il m’a dit: “ces pommes de terre, ce sont des pommes de terre à frites. Vous ne pouvez rien en faire d’autre. Servez-vous autant que vous voulez”. Dont acte. J’ai fait mes frites avec ces pommes de terre destinées au bétail. Résultat total.
Les pommes de terre que nous trouvons en magasin en Suisse (et en marché, puisque ce sont les mêmes sources d’approvisionnement) sont d’un manque de variété affligeante. On trouve de la Charlotte et de la Victoria. Et c’est tout. Deux variétés fort présentables, mais culinairement catastrophiques. De la bintje? Jamais trouvée. Et pourtant c’est bien la meilleur! En Suisse, les pommes de terre sont classées selon leur usage: farineuses pour les gratins, fermes pour les pommes de terre en robe de chambre. Et c’est tout. Une vraie misère. Il est donc difficile, pour un particulier, de se procurer des vraies pommes de terre.
Donc un grand merci à mon voisin, qui m’a permis de pouvoir enfin réussir mes frites!
Et oui, pour faire de bonne frites il n’y a que la pomme de terre bintje. Même lors d’une émission de E=M6, le sujet était comment faire des frites à la Belge. La patate recommandée était la “bintje”.
Si on n’en trouve pas à la Migros, par contre il y en a à la Coop.
Meilleures salutations et gros petous à Amélie
Oui j’utilise la bintje également il y a en a de temps à autre à la Migros (rare) mais souvent à la Coop !
Bon tu me fais envie avec tes moules-frites et … bière ?
Ma maman cuisine TOUT Ã la Bintje. Ya rien de tel, c’est la reine des patates!
En Suède, de la Bintje, y en a beaucoup, beaucoup. Et c’est bien la pire! Gustativement en tout cas! Connue pour être de la nourriture pour les bêtes, pas pour les hommes. Z’avez essayé les patates bleues? Vraiment superbes.
euh, on ne doit pas fréquenter les mêmes Migros car, par ici, y’en tant qu’on veut de la Bintje (et il y en aussi sur LeShop). Mais je rejoins Fred pour déplorer le manque affligeant de variétés de pdt en Suisse et Christophe quand il encense les bleues (d’Auvergne notamment) et, ensuite, y’a toutes les autres qu’on ne trouve jamais par ici (la ratte notamment, ma préférée). Ensuite, les frites à la Charlotte moi j’aaaaaaaaaaaaime… :)))(question de goûts je suppose).