Pomme, pomme, pomme, pomme (sur un air bien connu).

Il y a peu, je craquais pour mon premier iPod, après des années de résistance. Je me plaignais de la mesquinerie d’Apple. Revenons-y un peu.

Pour info, et pour cadrer un peu le débat, je précise que je suis un macmaniac fanatique et intégriste. Je possède des Mac (et rien que des Macs) depuis près de 15 ans, et en utilise depuis 1985. Je possède une quinzaine de Mac Plus, 128k, 512, Se/30… sans parler des récents. La culture Mac est profondément ancrée en moi. Et même lorsque le bateau était proche de sombrer, quand mon PWB 5300cs, après son quatrième changement de carte-mère ne fonctionnait toujours pas, quand tous les magasins Apple tombaient les uns après les autres, et bien je continuais d’y croire, d’essuyer les quolibets de mes amis sur leurs rutilants PC sur-boostés. Bref, pas vraiment le genre de gars à casser du sucre sur le dos de la pomme. Et pourtant…

Steve Jobs, il faut le savoir, doit probablement être le type le plus radin au monde avec ses clients, juste après ngvar Kamprad, le fondateur d’IKEA (mais lui au moins, il fournit la clé Imbus pour monter ses meubles). Prenons comme exemple le puck, pompeusement appelé souris par Apple, et livré avec mon G3: 55 cm de câble; oh, un fort beau câble, argenté et tout, mais quand l’ordinateur est sous le bureau… C’est pas la rallonge livré avec et qui suffit pour s’y connecter. Pendant ce temps, la souris Microsoft que j’ai vite achetée était livré avec un câble ordinaire, mais de plus d’un mètre!

Je ne reparle même pas de l’iPod dont les accessoires sont livrés en kit Lego, ni de la mémoire vive des Mac, anémique et vendue au prix de l’uranium enrichi. Enfin, on peut encore gloser quand on voit que la plupart des Mac sont encore livrés sans graveur de DVD.

Et pourtant, Apple, c’est aussi Mac OS X, iLife livrés avec les machines. C’est iTunes, un feel’n click incroyable, mais sans poudre aux yeux; sobriété, efficacité, productivité maximum. Apple, c’est surtout un univers cohérent: un matériel parfaitement adapté à un OS. Des accessoires complètement intégrés, tels le duo iPod-iTunes. Apple, c’est surtout une vision. Qu’importe certains choix incertains, dans les labos de Cupertino, il se mijote notre avenir numérique. Si Apple fait tellement rire, c’est qu’elle a toujours 5 ans d’avance sur le monde. Et le monde n’est pas prêt. Souvenons-nous du Newton, qui a défriché le terrain pour les Palm et consort. Puis l’USB, l’écran plat avec le Cube (qui préfigurait déjà les micro-computers). Le passage sur Intel, je pense qu’on le comprendra vraiment dans 5 ans. Il se trame quelque chose, à mon sens, du type tablet, mais qui va beaucoup plus loin que les quelques tablet-PC que l’on trouve sur le marché.

Ce que je préfère chez Apple, c’est sa capacité à nous surprendre.

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