On étouffe

J’ai passé hier mon après-midi à Lausanne. Avec le même résultat que lorsque j’y habitais: yeux qui brûlent et mal à la gorge. Décidément au vu de la pollution record de ces derniers jours, je suis très bien dans mon coin de campagne reculé.
Le dépassement des normes sanitaires en matière de pollution atmosphérique devient justement la norme, en été comme en hiver. Et rien n’est fait là-contre. On prélève un misérable centime, dit climatique sur le litre d’essence, centime qui sera investi pour sponsoriser des propriétaires qui ne sont pas sur la paille pour économiser un peu de chauffage en isolant mieux les bâtiments. Non pas que c’est pas utile, mais on serait arrivé au même résultat sans dépenser cette somme en durcissant les normes d’isolation du bâtiment, quitte ensuite à réserver les 250 millions de la caisse climatique pour aider les petits propriétaires, et pas forcément des promoteurs qui roulent en gros SUV (caricature… ne tirez pas sur le blogueur, svp).

Imaginons maintenant comment se serait passé le même scénario dans un pays avec un exécutif et un législatif qui a des idées et qui ne cède pas immédiatement devant le toussotement désapprobateur d’un lobbyiste.

Premièrement, la taxe climatique serait plus importante pour être incitative, de l’ordre de 10 à 15 centimes le litre d’essence. Le mazout de chauffage serai lui aussi taxé, de même que le gaz naturel. La manne financière serait de plusieurs milliards de francs par an. De quoi financer autre chose que de l’isolation et des petits-fours pour se féliciter du résultat médiocre de la politique actuelle. On pourrait alors imaginer une vaste campagne de subvention des véhicules électriques, hybrides, ou à très faible consommation (de l’ordre de 4 litres ou moins au cent kilomètres), investir massivement dans les transports en commun, des chauffages au bois et surtout, des panneaux solaires thermiques, à même de produire l’ensemble de l’eau chaude consommée les beaux jours d’été. Enfin, la surface de toits bien exposés étant gigantesque, il est aussi possible de subventionner massivement des micro-centrales solaires photovoltaïques d’injection.

Ensuite, une taxe écologique sur les véhicules neufs est envisageable. La Suisse a mis en place un système signalétique obligatoire de rapport écologique pour tous les appareils électroménagers et voitures. Ces étiquettes ne se bornent, dans le cas des voitures, pas qu’à simplement regarder la consommation ou le rejet en CO2, mais prend aussi en compte le rapport poids/consomation, ce qui ne pénalise pas forcément les monospaces, si appréciés des familles, mais taxe bien les véhicules polluants, à savoir ceux qui ont une capacité de charge faible et une consommation gargantuesque, comme les voitures de sport. Sachant que ce système signalétique existe, il est possible de taxer férocement les véhicules les moins écologiques (D ou E) et de redistribuer la somme en subvention pour ceux qui achètent un véhicule de classe A (tout sur les étiquettes énergie se trouve ici: http://www.energieetikette.ch/).

Une loi pourrait aussi obliger toutes les nouvelles constructions ou les rénovations à couvrir une partie de leur production d’eau chaude sanitaire par des panneaux solaires thermiques, comme cela est maintenant obligatoire en Espagne. Même si le rayonnement solaire est moins fort en Suisse, le solaire thermique est parfaitement utilisable et rentable chez nous aussi. Les économies en mazout de chauffage seraient dès lors très importantes. Naturellement pas en hiver (quoique, il y a de longues et belles journées de beau à cette saison, suffisamment du moins pour couvrir une partie de l’apport énergétique nécessaire à chauffer l’eau sanitaire), mais surtout en été. Une villa équipée de panneaux solaires thermiques peut ainsi en été fournir l’ensemble de l’eau chaude sanitaire à la famille qui y vit, sans autre consommation de mazout ou gaz. La technologie est simple, efficace et peu onéreuse.

Une très forte surtaxe sur les ampoules à incandescence et halogène favoriserait l’achat d’ampoules économiques. A prix égal, pour une durée de vie 8 fois supérieure, l’ampoule à incandescence n’aurait plus une chance de survie.

Des installations villageoises de production de biogaz avec les déchets végétaux de la commune, des habitants et des paysans permettraient de produire du gaz pour soit faire tourner une petite turbine électrique, soit alimenter un système de chauffage à distance. Ces installations ne sont pas très onéreuses et auront un vrai avenir dès lors que les communes s’associent pour gérer ces micro-centrales.

D’autres mesures incitatives, obligatoires ou simplement d’autres taxes pourraient être efficaces. Simplement, il faut avoir un peu de courage politique, être indépendant des lobbies, et surtout penser un peu plus loinque sa réélection.

Maintenant, c’est aussi à nous, individus, de faire un effort. Et je n’en suis pas un exemple parfait. Voyons ce que je fais, ce que je ne fais pas, et ce que je pourrais faire pour l’environnement.

Je trie mes déchets. Tant bien que mal. Comme j’ai un jardin, j’ai des compostes. Le papier, le verre, le métal sont recyclés. En matière de piles, tout ce qui peut être remplacé par des accus rechargeables le sont ou sont en voie de l’être. Actuellement, les piles AAA et AA sont bannies de la maison. J’attends un nouveau chargeur pour les accus plus importants, comme ceux pour mes Mag-Lites. Aucun accu ou pile ne finit à la poubelle, mais sont recyclés. Les appareils électroménagers, électriques et électroniques sont eux aussi recyclés et pas jetés.
En matière d’économie, je n’ai presque que des lampes économiques, et quelques lampes halogènes à basse consommation (20 W). Ma douche possède un pommeau économiseur d’eau. J’ai troqué mon Mac G3 (plus de 500W de consommation toute la journée) par un Mac mini (50 W). J’éteins la plupart du temps les appareils en stand-by, et la machine à café ne tourne pas toute la journée. Enfin, je mets des couvercles sur mes casseroles. Enfin, on a acheté le lave-linge et le séchoir qui avaient une étiquette énergie A+, à savoir la meilleure notation.

Mes points faibles: la consommation d’eau et d’électricité. 7 chiens à poils longs, cela signifie un bain toute les semaines, voire 2 semaines. Cela signifie aussi plusieurs heures de séchage avec un sèche-cheveux spécial (un gigantesque appareil sur un pied) qui consomme 2200 W, et deux spots halogène 150 W pour y voir quelque chose. La maison étant mal isolée (entre-autres de vieilles fenêtre en bois), ma consommation de mazout est importante, de l’ordre de 3000 l/an. Mais je ne suis que locataire, donc impossible d’investir.
Enfin, la voiture. On est deux, on en possède chacun une. Normal, on bosse chacun dans une direction différente. Carine change en plus constamment de collège, la voiture est obligatoire. Impossible d’utiliser les transports publics, ils n’existent pas. Idem pour moi. Mon trajet est de 11.5 km, quatre fois par jour. Si la voiture de Carine est un bon compromis entre la taille (pour 7 chiens et toutes ces affaires de prof de couture) et la consommation (quand même 7.5 l/100), la mienne est une aberration écologique: de 10 à 12 l/100 de SP 98, pour deux place et 980 kg! Elle a 19 ans, pleine de rouille, mais j’apprécie l’été rouler sans toit, sans portes et sans pare-brise. Et l’hiver, vu l’état des routes pour aller bosser, j’apprécie le 4×4 (j’ai même sorti l’autre jour une jeep de l’armée du fossé…).
City-ElMais à part quelques jours d’hiver, j’ai calculé qu’une petite voiture électrique une place me suffirait amplement. Mais à nouveau, c’est une question d’argent. Si je roule avec mon vieux Samurai, c’est parce qu’il ne m’a coûté que 3’000 francs, et que je ne peux pas faire mieux. Dès lors, il est vrai que si ces véhicules électriques étaient fortement subventionnés, cela aiderait beaucoup de monde à faire le pas. En passant, aucun écologiste n’a jamais accepté de me payer la différence entre le prix de ma voiture et celui d’un Prius hybride pour que je puisse en acheter une…

1 comment

  1. C’est bien Barzi, tout à fait d’accord avec toi, vive les CFF et aux 80km/h sur les autoroutes pour faire réfléchir les pollueurs aux solutions alternatives!

    mais tu fais quand la suite de l’orient express?

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