Etre payé pour rouler

Etre payé pour rouler

Voiture électrique = voiture connectée = plus de vie privée.

L’équation semble provocatrice, mais c’est le cas. On le voit avec Tesla, qui collecte une énorme quantité de données. Et ils ne sont pas les seuls. Les fabricants de voitures chinoises collectent aussi une quantité énorme de données, souvent en infraction avec le RGPD. Et il en est de même avec les constructeurs européens, mêmes s’ils sont légalement restreints par le RGPD.

La question arrive: qui a la propriété des données de conduites? La question est ambigüe. Mais pour moi: je conduis une voiture que j’ai achetée et dont j’ai l’entière propriété. La voiture, et donc ses données, m’appartiennent. Surtout que je n’ai pas signé de contrat spécifique avec la marque concernant mes données. En cela, pour moi, c’est le principal obstacle pour que j’achète une voiture électrique, ou ne serait-ce même récente.

Mais pourquoi collecter autant de données? Parce qu’elles ont une valeur (financière) énorme! La data, c’est de l’argent. Avec ces données que les constructeurs vous extorquent gratuitement, ils vont pouvoir entrainer leurs systèmes de conduite autonome à moindre frais. On appelle cela le fleet learning. Tesla utilise abondamment ces données.

Moi, ma Skoda Octavia de 2020 a été conçue en 2013, loin de toutes ces préoccupations. Elle n’est pas connectée à Internet et ne partage pas de données. Et surtout elle ne possède pas de caméra, en particulier intérieure. Mais je roule 35’000km par années, et donc je pourrais générer de la data pertinente qui aurait de la valeur; contrairement aux conducteurs de véhicules électriques et récents, qui paient pour rouler et souvent pour des options, moi, je pourrais être payé pour rouler et vendre mes données anonymisées.

Je suis tombé sur Driver Technologies, une société qui a développé une app qui transforme votre smartphone en dashcam; ces caméras qui enregistrent les trajets et servent à éclaircir les circonstances d’un accident. Or, une option cachée permet d’être payé pour chaque heure de route, de l’ordre de 2$ (1.61 CHF). Les vidéos anonymisées servent à « améliorer la sécurité routière », sous-entendu, entrainer des modèles de conduite autonome. C’est du moins mon interprétation. Si tel est le cas, je peux tabler sur une rémunération de 1000$ par année. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle? Au vu du niveau de vie suisse, on pourrait en douter. Il n’y a qu’un moyen de savoir: tester! Rendez-vous ce printemps pour un bilan.

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