Grand amateur de Sherlock Holmes et d’Hercules Poirot, dont j’ai lu l’intégral des romans, j’ai souvent été confronté, dans ces livres, à des personnages en général riches qui disposaient d’un secrétaire particulier. Et j’avoue que cette capacité d’abandon de contingences matérielles au profit d’un employé dévoué m’a toujours fasciné. Si j’avais dû un jour faire fortune, ma priorité n’aurait pas été une voiture de luxe ou un yacht, mais bien un ou une secrétaire particulier dévoué et suffisamment bien payé pour acheter son ou sa fidélité. Le secrétaire particulier, c’est comme le concierge aux clés d’or des hôtels de luxe, mais qui te suit.
Depuis un peu plus d’une année, avec mes abonnements à différentes IA, je commence à disposer de mon propre secrétaire particulier; efficace et dévoué. Et pour un salaire bien plus modeste. Avec la personnalisation d’agents, ce sera à terme une armada à mon service. Je découvre le plaisir de la domesticité, à la Jane Austin.
Ce texte est écrit à la main et n’est ni corrigé, ni amélioré par un de mes secrétaires particuliers virtuels. Ici, c’est du brut de viande.
J’ai une utilisation encore très limitée de l’IA. Dans la mesure de mes possibilités, je fais tout moi-même. Je suis un peu comme un nouveau riche qui découvre, incrédule, qu’il n’a plus besoin de s’occuper des courses, des repas, du ménage, du courrier, des factures, de la lessive, de faire le plein… tâches qui sont désormais dédiées à une brigade de domestiques, mais dont on est toujours dans les pattes, par habitude.

Un jour, l’IA sera mon chauffeur et conduira ma voiture – et comme je déteste conduire, je me réjouis d’avance. D’ici peu, l’IA sera un vrai assistant, qui vérifiera à ma place les cours du mazout, fera l’analyse des tendances pour déterminer quand il faut remplir les cuves. Il triera mon courrier, me le résumera et rédigera les réponses pour tout ce qui n’est pas personnel. Il fera la sélection des entreprises en vue de travaux, fera une analyse comparative des devis et sélectionnera celle à qui les travaux seront attribués.
Mais je suis un petit joueur. Aujourd’hui, les urbains peuvent se prendre pour des aristocrates anglais du XIXe siècle à moindre coût: une armée de cuisiniers via Uber Eats, des chauffeurs avec Uber, du personnel de maison avec les robots qui aspirent et nettoient les sols, un portier avec les serrures connectées, sans compter le service de lingerie à domicile, la livraison des courses…
Sommes-nous entrés dans la néo-domesticité? Le personnel de maison 2.0? Celle des robots? Il y a encore de la marge de progression.
Partager cette publication

Laisser un commentaire